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Molenbeek, une commune en chantier

UN ARTICLE DE
B.DW  | LE SOIR | LE GUIDE - 17 FEVRIER 2005

Les Terrasses de l'Ecluse, un important projet immobilier signé Atelier d'Art Urbain - La Foncière de l'Ecluse.  




 
Avec plus de 75.000 habitants, Molenbeek-Saint-Jean est, avec Anderlecht et Schaerbeek, une des communes les plus contrastées de la Région bruxelloise. Une partie historique avec des bâtiments généralement antérieurs à 1920 et une partie plus neuve avec des immeubles datant des années 50-60.

Une commune où de nombreuses opérations de contrats de quartier et de rénovation sont en cours et qui est donc loin d'être «figée»!

Myriam Hilgers, échevine (Ecolo) de l'urbanisme, de la mobilité et de la participation, rappelle que Molenbeek est une des rares communes à avoir adapté sous cette législature, un PCD (Plan communal de développement). Je pense qu'en terme de développement du territoire, cet outil est intéressant, constate-t-elle.

Cinq défis de développement
[1.] La réhabilitation du Molenbeek historique est le premier défi que la commune de Molenbeek entend relever. Plusieurs contrats de quartiers sont en cours. Nous allons reprendre un nouveau contrat de quartier à proximité du premier contrat autour du parvis Saint-Jean-Baptiste, près du boulevard Léopold II à la frontière avec Koekelberg. Un travail reste à faire au niveau de la qualité des logements. Une des idées sous-jacentes aux contrats de quartier est de construire des logements pour grande famille. Il en existe très peu dans le parc de logements sociaux, constate Myriam Hilgers.

La philosophie privilégiée par la commune est de développer des logements au profit des habitants. D'où en parallèle l'aménagement des espaces publics.

Autre phénomène, l'apparition de lofts réalisés sur l'emplacement d'anciens espaces industriels et commerciaux le long du canal. Nous pensons au sein du Collège qu'avoir une certaine mixité sociale est un élément positif. A condition toutefois qu'elle se fasse de manière équilibrée, ajoute Myriam Hilgers.

Des entreprises s'en vont, laissant la place à des projets résidentiels, avec le risque de grignotage de zones industrielles ou à forte mixité par le logement. Une situation qui inquiète certains.

Les projets de la SDRB amènent eux aussi par «petites poches» un autre public d'habitants, plus classe moyenne. L'opération Rive Gauche qui a démarré au début des années 90 et qui a été orientée vers le logement se termine. Rue Sainte Marie et rue Darimon, un projet de 32 petites maisons unifamiliales a connu un succès immédiat. Autour de la place Voltaire, une série de 38 petites maisons familiales sont en chantier (la liste d'attente est déjà impressionnante). Enfin, 13 maisons unifamiliales et 3 appartements ont été construits rues Verrept-Dekeyser et Ransfort (architecte Blondel). Autre projet en devenir: le Chien Vert.

[2.] Le deuxième défi sera de maintenir et de protéger le caractère résidentiel du nouveau Molenbeek, et en particulier toute la zone entourant le boulevard Mettewie, qui comprend un vaste espace semi-naturel (classement du parc du Scheutbos). C'est un quartier de la commune où l'on construit le plus, essentiellement des chantiers privés. Nous recevons de nombreuses demandes de permis d'urbanisme pour des immeubles à appartements, relève M. Hilgers.

Et Etienne Coekelberghs, architecte, directeur technique de l'infrastructure de l'administration communale de Molenbeek d'ajouter. Le nombre de permis d'urbanisme est en constante augmentation tout comme d'ailleurs dans l'ensemble de la commune. Il y a cinq ans à Molenbeek, la demande moyenne de permis d'urbanisme était de 250-270. On dépasse aujourd'hui les 350.

[3.] Le troisième défi est de contribuer au succès de la reconversion du site de Tour et Taxis et du Quartier Nord. Nous sommes attentifs à ce que cette opération de grande envergure se fasse en bonne entente avec la revitalisation du Quartier Maritime, souligne M. Hilgers.

Un des projets phare du contrat de quartier est une maison communautaire gérée par la commune dans l'ancien bâtiment l'Oréal. La SDRB met en place une pépinière d'entreprises et l'Orbem s'installe dans une des ailes.

A chaque fois qu'il y a construction de bureaux, nous sommes soucieux de mettre en place prioritairement un mécanisme de charges d'urbanisme en faveur du logement. C'est ainsi qu'en compensation de bureaux réalisés par les entreprises De Waele pour la Communauté française, 6.000 m2 de logements vont être construits boulevard Léopold II à proximité d'un terrain à bâtir de l'Awex.

[4.] La transformation du site de la gare de l'Ouest en charnière entre les deux Molenbeek sera le quatrième défi majeur à relever avec la Région. L'objectif est de réduire la fracture entre les deux parties de la commune et de rendre cette zone attractive au niveau régional. Pour l'échevine molenbeekoise, le moment est venu de voir comment urbaniser le site d'autant plus qu'avec le bouclage du métro, la gare de l'Ouest devrait être un des lieux les mieux desservis en transport multimodal.

[5.] Le cinquième défi se concentre sur la reconversion et la revitalisation du quartier Heyvaert. Ce quartier a subi une reconversion entièrement dominée par la présence de commerces de voitures d'occasion. Le développement de cette activité s'est fait aux dépens d'autres activités de la ville qui sont progressivement chassées, ainsi qu'aux dépens du logement. Tenant compte d'impératifs environnementaux, un rééquilibrage des fonctions est en cours, notamment au travers du contrat de quartier Heyvaert.

La construction de l'important projet des «Terrasses de l'Ecluse» est financée pour moitié par des charges d'urbanisme, dégagées notamment par la construction des bureaux Watan. L'architecture a été confiée à l'Atelier d'Art Urbain. Le maître d'oeuvre est la S.A. «Foncière de l'Ecluse», société constituée en mars 2004 à l'initiative de la SDRB et de la S.A. Besix Real Estate Development (anciennement Betonimmo S.A.). La commercialisation des logements sera gérée par la Société de Développement régional bruxellois (SDRB). Ce projet prévoit la construction de 12.000 m2 de logements. Une demande est en cours pour un permis de 108 appartements, précise E. Coekelberghs.

Et M. Hilgers de conclure : Nous essayons de procéder par petites touches pour rendre disponibles des logements: contrats de quartiers, logements sociaux, AIS (agence immobilière sociale), lutte contre les marchands de sommeil. Avec des fonds européens (Objectif II), seront créés des logements de transit qui pourront faire face à des situations d'urgence et à des opérations tiroirs (logements provisoires).


17 février 2005


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